L’Avenir de l’Artois | 24.09.2022
Bapalmois : un plan pour transformer les anciennes voies ferrées et les routes secondaires en voies douces
Et si on transformait les trajets existants en voies douces afin de partager équitablement la route entre voitures, cyclistes et piétons ? C'est le projet de la Communauté de communes du Sud-Artois, en concertation avec le département du Pas-de-Calais.
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De nouveaux itinéraires dédiés aux vélos et aux mobilités douces. Voici le plan de la Communauté de communes du Sud-Artois (CCSA) et du département du Pas-de-Calais. D’abord, en transformant les voies ferrées d’intérêt local (VFIL) en véloroute.

Une expérimentation était testée lors de la journée de la mobilité, vendredi 16 septembre, entre Bapaume et Ligny-Thilloy.
“ On a historiquement des anciennes voies ferrées qui reliaient Achiet-Le Grand à Marcoing. On a un réseau de plusieurs dizaines de kilomètres qui sont inactifs ”, indique Véronique Thiébaut, vice-présidente à la CCSA en charge des démarches de transition écologique. L’idée est de partir de l’existant pour aménager des voies douces, en premier lieu entre Bapaume à Achiet-le-Grand.
“ L’intercommunalité a déposé un dossier à l’ADEME (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, NDLR) pour financer les études, le jalonnement des pistes cyclables et la possibilité d’avoir quelqu’un dédié à ces questions de mobilité douces à la communauté de communes pendant deux ans ”, ajoute l’élue.
Une concertation publique est aussi mise en place, notamment lors de la Semaine de la mobilité où chacun pouvait donner son avis et proposer des idées. “ Dans le plan cyclable, nous allons regarder les enjeux, les forces, les faiblesses, les menaces, les opportunités. ” Penser aussi aux aménagements qui en découlent, comme les arceaux, les bornes de gonflage de vélos… “ Nous avons aussi un débat sur la pratique du vélo qu’on promeut : le vélo touristique, sportif, le domicile-travail… Réfléchir également sur l’utilisation de la location et la réparation de vélos, tout ce qui va être autour de la pratique cyclable. ”
Pour l’instant, la concertation continue. Le diagnostic devrait bientôt être finalisé et le cabinet Verdi ingénierie sera en charge d’aboutir à un plan d’actions.
Relier les villages
L’autre solution qui viendra compléter celle lancée par le Sud-Artois, est de reconvertir les routes départementales secondaires afin de relier les villages entre eux. “ On a réalisé une étude au printemps 2020 pour voir quel pourcentage du réseau routier secondaire il fallait fermer à la circulation pour aboutir à un réseau cyclable structurant. On s’était rendu compte qu’il fallait fermer 20 % des routes de type 3 ”, annonce Grégoire Tortosa, chargé de mission développement durable au sein du conseil départemental du Pas-de-Calais.

Les habitants pouvaient donner leurs avis lors de la journée de la mobilité.
Le département s’est notamment rendu compte que certaines communes étaient desservies plusieurs fois par les routes départementales. “ Par exemple, à Favreuil, il y a trois routes pour aller à Bapaume. On pourrait en réserve une pour les vélos. Et pour les routes où il n’y a pas d’alternative, on pourrait penser aux chaucidous, en partageant la route. ”
Si le plan a été validé en interne, reste maintenant à convaincre les maires du territoire. “ Mais cette opération est innovante et expérimentale. Le Sud-Artois a été choisi car il y a une volonté de la part des élus ”, note Christophe Dooremont, responsable de l’unité aménagement et animations territoriales à la maison départementale de l’Arrageois.
L’objectif est de commencer les aménagements dès 2023, au fur et à mesure. On pense notamment à la route entre Bapaume et Ligny-Thilloy, fermée quelques heures le 16 septembre, à l’occasion de la Semaine de la mobilité. “ La route est plate, il y a une bonne visibilité, elle fait un km : pour du quotidien, c’est totalement aménageable ”, conclut Grégoire Tortosa.
Témoignage
“ Il y a une prise de conscience des communes. ”
Isabelle, 52 ans, de Grévillers :

“ Tous les jours, je pars à vélo direction mon travail, à l’IME de Riencourt-lès-Bapaume. C’est un trajet de 5 km. Cela fait 25 minutes à vélo électrique. Concernant ce futur schéma cyclable, c’est bien. Ça veut dire qu’il y a une prise de conscience des communes. C’est en bonne voie. Et l’aménagement de l’ancienne voie ferrée pour relier la gare d’Achiet-le-Grand, ce serait tellement bien ! Par ailleurs, ce qui pourrait être amélioré, c’est un peu plus de parkings à vélo dans Bapaume et réaménager certains chemins en mauvais état. ”

Une expérimentation était testée lors de la journée de la mobilité, vendredi 16 septembre, entre Bapaume et Ligny-Thilloy.
“ On a historiquement des anciennes voies ferrées qui reliaient Achiet-Le Grand à Marcoing. On a un réseau de plusieurs dizaines de kilomètres qui sont inactifs ”, indique Véronique Thiébaut, vice-présidente à la CCSA en charge des démarches de transition écologique. L’idée est de partir de l’existant pour aménager des voies douces, en premier lieu entre Bapaume à Achiet-le-Grand.
“ L’intercommunalité a déposé un dossier à l’ADEME (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, NDLR) pour financer les études, le jalonnement des pistes cyclables et la possibilité d’avoir quelqu’un dédié à ces questions de mobilité douces à la communauté de communes pendant deux ans ”, ajoute l’élue.
Une concertation publique est aussi mise en place, notamment lors de la Semaine de la mobilité où chacun pouvait donner son avis et proposer des idées. “ Dans le plan cyclable, nous allons regarder les enjeux, les forces, les faiblesses, les menaces, les opportunités. ” Penser aussi aux aménagements qui en découlent, comme les arceaux, les bornes de gonflage de vélos… “ Nous avons aussi un débat sur la pratique du vélo qu’on promeut : le vélo touristique, sportif, le domicile-travail… Réfléchir également sur l’utilisation de la location et la réparation de vélos, tout ce qui va être autour de la pratique cyclable. ”
Pour l’instant, la concertation continue. Le diagnostic devrait bientôt être finalisé et le cabinet Verdi ingénierie sera en charge d’aboutir à un plan d’actions.
Relier les villages
L’autre solution qui viendra compléter celle lancée par le Sud-Artois, est de reconvertir les routes départementales secondaires afin de relier les villages entre eux. “ On a réalisé une étude au printemps 2020 pour voir quel pourcentage du réseau routier secondaire il fallait fermer à la circulation pour aboutir à un réseau cyclable structurant. On s’était rendu compte qu’il fallait fermer 20 % des routes de type 3 ”, annonce Grégoire Tortosa, chargé de mission développement durable au sein du conseil départemental du Pas-de-Calais.

Les habitants pouvaient donner leurs avis lors de la journée de la mobilité.
Le département s’est notamment rendu compte que certaines communes étaient desservies plusieurs fois par les routes départementales. “ Par exemple, à Favreuil, il y a trois routes pour aller à Bapaume. On pourrait en réserve une pour les vélos. Et pour les routes où il n’y a pas d’alternative, on pourrait penser aux chaucidous, en partageant la route. ”
Si le plan a été validé en interne, reste maintenant à convaincre les maires du territoire. “ Mais cette opération est innovante et expérimentale. Le Sud-Artois a été choisi car il y a une volonté de la part des élus ”, note Christophe Dooremont, responsable de l’unité aménagement et animations territoriales à la maison départementale de l’Arrageois.
L’objectif est de commencer les aménagements dès 2023, au fur et à mesure. On pense notamment à la route entre Bapaume et Ligny-Thilloy, fermée quelques heures le 16 septembre, à l’occasion de la Semaine de la mobilité. “ La route est plate, il y a une bonne visibilité, elle fait un km : pour du quotidien, c’est totalement aménageable ”, conclut Grégoire Tortosa.
Témoignage
“ Il y a une prise de conscience des communes. ”
Isabelle, 52 ans, de Grévillers :

“ Tous les jours, je pars à vélo direction mon travail, à l’IME de Riencourt-lès-Bapaume. C’est un trajet de 5 km. Cela fait 25 minutes à vélo électrique. Concernant ce futur schéma cyclable, c’est bien. Ça veut dire qu’il y a une prise de conscience des communes. C’est en bonne voie. Et l’aménagement de l’ancienne voie ferrée pour relier la gare d’Achiet-le-Grand, ce serait tellement bien ! Par ailleurs, ce qui pourrait être amélioré, c’est un peu plus de parkings à vélo dans Bapaume et réaménager certains chemins en mauvais état. ”
Le Progrès | 22.09.2022
Bientôt une rhizosphère dans la commune d'Orchamps
De gros travaux de terrassement ont été mis en œuvre pour créer ce bassin.
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Les automobilistes sortant d'Orchamps en direction de Besançon ont pu remarquer les travaux de terrassement qui se déroulent actuellement en contrebas de la Route Départementale. Il s'agit des travaux de la nouvelle station d'épuration d'Orchamps construite par la communauté de communes Jura Nord avec le concours financier de l’Agence de l'eau. Celle-ci a été dimensionnée par le bureau d'études Verdi Ingénierie pour traiter les eaux usées de 1600 habitants. Construite par l'entreprise Petitjean TP associée à la société Syntéa, elle est conçue selon un procédé novateur en France, mais qui a fait ses preuves depuis de nombreuses années en Allemagne. Il s'agit d'une rhizosphère à un seul bassin équipé d'un système d'aération qui permet une économie de place par rapport aux filtres plantés de roseaux “ classiques ”. Le chantier est prévu de durer cinq mois.
Le Bien Public | 20.09.2022
Nuits-Saint-Georges, le jardin de l'Arquebuse a été inauguré
Après l'engazonnement au début de l'automne, qui a suivi la plantation de douze arbres majeurs et dix-huit cépées de différentes essences adaptées aux évolutions du climat, le jardin de l'Arquebuse, a pu être inauguré, ce lundi 19 septembre.
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“ Ce jardin faisait partie d’une propriété viticole au début du XIX siècle, rappelle le maire Alain Cartron, avec des arbres remarquables qui sont toujours là. Cet aménagement termine un programme de refonte du centre-ville commencé il y a plusieurs années ” Après des études réalisées avant 2020, les travaux ont démarré en mars 2021 par la mise en place des réseaux, en particulier celui de l’eau pluviale, un point majeur avec la noue et la citerne de 20 000 litres d’eau de récupération pour alimenter en circuit fermé le bassin avec son jet ainsi que le système d’arrosage. “ Le coût des travaux s’élève à 950 000 €, dont 72 % sont financés par l’État, le Pays beaunois et le conseil départemental ” détaille Alain Cartron.
Qui poursuit : “ La concertation a été importante dans ce projet, avec une réunion publique le 20 septembre 2020, puis avec les voisins, les assistantes maternelles pour l’aire de jeux et la mise en place de la rampe d’accès à la MJC pour les Personnes à Mobilités Réduites. Ce lieu est très fréquenté pour le parking en zone bleue, les chiens tenus en laisse, un îlot isolé pour les enfants, des chemins sécurisés, même si les toilettes publiques aménagées par les services techniques de la Ville ont été taguées et que la tyrolienne a dû être réparée. ”
Qui poursuit : “ La concertation a été importante dans ce projet, avec une réunion publique le 20 septembre 2020, puis avec les voisins, les assistantes maternelles pour l’aire de jeux et la mise en place de la rampe d’accès à la MJC pour les Personnes à Mobilités Réduites. Ce lieu est très fréquenté pour le parking en zone bleue, les chiens tenus en laisse, un îlot isolé pour les enfants, des chemins sécurisés, même si les toilettes publiques aménagées par les services techniques de la Ville ont été taguées et que la tyrolienne a dû être réparée. ”
Le Progrès | 18.09.2022
Pose d'une conduite en fonte ductile à Evans
Des travaux en cours pour remplacer d'anciennes conduites d'eau potable.
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Depuis fin août, le Syndicat intercommunal des eaux de Dampierre réalise des travaux de renouvellement de ses conduites de distribution d'eau potable les plus anciennes. Sous la surveillance du bureau d'études Verdi ingénierie de Dole, une première tranche vient de se terminer rue Maison Rouge à Evans où les tuyaux datant de 1975 ont été remplacés par une conduite en fonte ductile. Le chantier réalisé par l'entreprise Lartot TP de Torpes se poursuit actuellement sur le haut de la Grande Rue d'Evans où la vieille conduite de 1935 est remplacée par une conduite d'un diamètre supérieur permettant ainsi d’améliorer la défense incendie sur le secteur. Les travaux se poursuivront cet automne dans la rue de la Citadelle à Evans et dans la rue de la Vierge et la rue des Minerais à Dampierre.
Construction21 | 12.09.2022 | Eric Larrey
Du diagnostic territorial à la simulation du comportement des projets de végétalisation et de leur impact sur les ICU
Travailler à la résilience d’un territoire face au réchauffement climatique est un enjeu de taille, ainsi qu'un process long et complexe. L’une des complexités réside dans la nécessité de travailler à plusieurs échelles : le territoire, la ville, le quartier. Nous présentons ici un exemple de démarche partant d'un diagnostic à l’échelle d’un département pour aboutir à la simulation de l’impact d’un projet de verdissement sur un quartier d'une ville.
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Nouveau Lyon #60 | Août-septembre 2022
La chaleur à Lyon, un problème d'îlots, partie 2
Dès que la température augmente, tout le monde ressent l'inconfort de la ville. La question des îlots de chaleur urbains et de leur résorption se pose avec d'autant plus d'acuité au moment où l'on nous prédit une multiplication des périodes de canicule. Encore faut-il pour cela, au-delà des ressentis personnels, avoir une vue objective de la situation.
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Le drôle de comportement de l’arbre
Les travaux menés par Éric Larrey montrent que l’efficacité des arbres pour lutter contre la chaleur s’estompe en milieu de journée… au moment où le soleil est plus intense.
Contre le réchauffement climatique, il faut planter des arbres par centaines. En 2020, tous les candidats aux municipales vous l’ont dit. Reste à savoir où et avec quel impact. Ici encore, le but est d’avoir une vision objective des données là où architectes et paysagistes se concentrent avant tout sur le qualitatif. Première étape : cartographier le coefficient d’intégration végétale offert par des plantations dans les trois cents mètres alentour (voir ci-dessous) afin de déterminer les habitations qui sont en déficit et voir ce qu’il est possible de faire pour y remédier. Notamment par rapport à un objectif politique. Et ce, avant de mesurer le rafraîchissement apporté par un arbre ou du gazon. “ Le comportement des végétaux est parfois curieux, souligne Éric Larrey. Deux éléments sont rapidement ressortis de nos travaux : l’impact du stress hydrique et la réaction des essences aux fortes chaleurs. On peut alors perdre jusqu’à 70 % du rafraîchissement offert par un arbre. ” Les températures ont été mesurées sous l’arbre et à côté. En matinée, son impact est évident : 23 à 24 °C sous l’arbre contre 35 °C à côté. Mais, “ entre 11 heures et 13 heures, il perd quasiment tout son potentiel, au pire moment ”, explique le directeur de l’innovation de Verdi. Le différentiel n’est plus alors que de 3 °C.


Le réaménagement de la rue Garibaldi a permis d’offrir plusieurs strates d’arbres apportant du confort thermique aux piétons notamment dans un quartier très minéral.
Simulation d’ambiance thermique
Par rapport aux essences d’arbres tempérées, les espèces méditerranéennes sont certes plus résistantes et offrent une chute moins vertigineuse. Mais elles sont également moins efficaces. D’où l’idée communément admise de structures végétales formant des bosquets – où les arbres se protègent les uns les autres – qui mixeraient essences et hauteurs pour mieux conserver l’humidité. Schématiquement, un arbre ne laisse passer qu’un quart du rayonnement solaire auquel il est soumis. Il en réfléchit un quart et en conserve la moitié pour son fonctionnement avec la photosynthèse et l’évapotranspiration. Deux phénomènes lui permettent de rafraîchir le sol : à 80 % l’interception solaire et à 20 % l’évapotranspiration. “ Le stress hydrique se caractérise par un manque d’eau dans le sol ou une température tellement élevée que les stomates, ces petites ouvertures rétractables sur les feuilles, se ferment, détaille Éric Larrey. Même les feuilles vont alors avoir tendance à s’incliner pour limiter l’impact solaire. L’arbre va donc moins réfléchir, moins consommer, arrêter l’évapotranspiration et la photosynthèse et ainsi laisser passer beaucoup plus d’énergie. Si vous ne réfléchissez pas à l’apport d’eau en le plantant, vous aurez un arbre qui ne fonctionne pas du tout. Même s’il fait apparemment de l’ombre. ”
D’où la possibilité aujourd’hui de projeter une stratégie de végétalisation en créant des îlots de verdure, de caractériser une trame verte et sa discontinuité ou de calculer la capacité à relier des îlots de fraîcheur entre eux. “ Nous pouvons même simuler l’ambiance thermique offerte par un projet de végétalisation à différentes échéances, affirme le directeur de l’innovation. Il suffit de faire grandir les houppiers. ”


Vu le faible coefficient d’intégration végétale des arrondissements centraux de Lyon, Éric Larrey estime que l’on peut s’interroger sur la nécessité de limiter la concentration urbaine. “ En multipliant les contraintes, on a un système surcontraint qui n’autorise pas de solutions ”, estime-t-il. Se pose notamment la question de ce qui pourrait permettre à plus de personnes de travailler à distance des cœurs urbains. De manière plus personnelle, il pousse la réflexion au-delà. “ Si on ne consent pas à changer nos usages, notamment le fait de circuler et de mener nos activités “comme avant” aux heures chaudes, entre 12 heures et 15 heures environ, on ajoute une contrainte forte sur les choix d’action pour lutter contre le réchauffement urbain, détaille-t-il. Il faudra certainement accepter de “rester à l’abri”, donc décaler nos habitudes en matière d’horaires, laisser plus de place au végétal. Quelque part, on réinvente ce qui est su depuis longtemps dans les pays méditerranéens… ”

Comme on peut le voir dans le 9e arrondissement avec les balmes de la Saône ou dans le 6e grâce au parc de la Tête-d’Or, la végétalisation atténue l’effet de l’îlot de chaleur urbain (ICU) tout en améliorant le confort des usagers. “ Certains peuvent faire remarquer, à juste titre, qu’une place couverte de canopée se rafraîchira moins vite de nuit, mais elle sera bien plus fraîche de jour ”, souligne Éric Larrey. Ce qui est essentiel à ses yeux c’est à la fois l’accès à l’eau de ces plantations et une végétation adaptée à l’évolution des températures. Car les arbres souffrent également du réchauffement, notamment quand ils sont seuls sur sol clair, la chaleur provoquant des échaudures sur des troncs où la circulation d’eau bloque. Selon lui, “ une des voies de végétalisation qui paraît pertinente est de penser à la création d’une sorte de maillage d’îlots de verdure, reliés par des chemins de confort ou de fraîcheur, permettant à tout un chacun de circuler de l’un à l’autre dans les meilleures conditions (notamment à pied, à vélo, en modes doux) ”.
Les travaux menés par Éric Larrey montrent que l’efficacité des arbres pour lutter contre la chaleur s’estompe en milieu de journée… au moment où le soleil est plus intense.
Contre le réchauffement climatique, il faut planter des arbres par centaines. En 2020, tous les candidats aux municipales vous l’ont dit. Reste à savoir où et avec quel impact. Ici encore, le but est d’avoir une vision objective des données là où architectes et paysagistes se concentrent avant tout sur le qualitatif. Première étape : cartographier le coefficient d’intégration végétale offert par des plantations dans les trois cents mètres alentour (voir ci-dessous) afin de déterminer les habitations qui sont en déficit et voir ce qu’il est possible de faire pour y remédier. Notamment par rapport à un objectif politique. Et ce, avant de mesurer le rafraîchissement apporté par un arbre ou du gazon. “ Le comportement des végétaux est parfois curieux, souligne Éric Larrey. Deux éléments sont rapidement ressortis de nos travaux : l’impact du stress hydrique et la réaction des essences aux fortes chaleurs. On peut alors perdre jusqu’à 70 % du rafraîchissement offert par un arbre. ” Les températures ont été mesurées sous l’arbre et à côté. En matinée, son impact est évident : 23 à 24 °C sous l’arbre contre 35 °C à côté. Mais, “ entre 11 heures et 13 heures, il perd quasiment tout son potentiel, au pire moment ”, explique le directeur de l’innovation de Verdi. Le différentiel n’est plus alors que de 3 °C.


Le réaménagement de la rue Garibaldi a permis d’offrir plusieurs strates d’arbres apportant du confort thermique aux piétons notamment dans un quartier très minéral.
Simulation d’ambiance thermique
Par rapport aux essences d’arbres tempérées, les espèces méditerranéennes sont certes plus résistantes et offrent une chute moins vertigineuse. Mais elles sont également moins efficaces. D’où l’idée communément admise de structures végétales formant des bosquets – où les arbres se protègent les uns les autres – qui mixeraient essences et hauteurs pour mieux conserver l’humidité. Schématiquement, un arbre ne laisse passer qu’un quart du rayonnement solaire auquel il est soumis. Il en réfléchit un quart et en conserve la moitié pour son fonctionnement avec la photosynthèse et l’évapotranspiration. Deux phénomènes lui permettent de rafraîchir le sol : à 80 % l’interception solaire et à 20 % l’évapotranspiration. “ Le stress hydrique se caractérise par un manque d’eau dans le sol ou une température tellement élevée que les stomates, ces petites ouvertures rétractables sur les feuilles, se ferment, détaille Éric Larrey. Même les feuilles vont alors avoir tendance à s’incliner pour limiter l’impact solaire. L’arbre va donc moins réfléchir, moins consommer, arrêter l’évapotranspiration et la photosynthèse et ainsi laisser passer beaucoup plus d’énergie. Si vous ne réfléchissez pas à l’apport d’eau en le plantant, vous aurez un arbre qui ne fonctionne pas du tout. Même s’il fait apparemment de l’ombre. ”
D’où la possibilité aujourd’hui de projeter une stratégie de végétalisation en créant des îlots de verdure, de caractériser une trame verte et sa discontinuité ou de calculer la capacité à relier des îlots de fraîcheur entre eux. “ Nous pouvons même simuler l’ambiance thermique offerte par un projet de végétalisation à différentes échéances, affirme le directeur de l’innovation. Il suffit de faire grandir les houppiers. ”


Vu le faible coefficient d’intégration végétale des arrondissements centraux de Lyon, Éric Larrey estime que l’on peut s’interroger sur la nécessité de limiter la concentration urbaine. “ En multipliant les contraintes, on a un système surcontraint qui n’autorise pas de solutions ”, estime-t-il. Se pose notamment la question de ce qui pourrait permettre à plus de personnes de travailler à distance des cœurs urbains. De manière plus personnelle, il pousse la réflexion au-delà. “ Si on ne consent pas à changer nos usages, notamment le fait de circuler et de mener nos activités “comme avant” aux heures chaudes, entre 12 heures et 15 heures environ, on ajoute une contrainte forte sur les choix d’action pour lutter contre le réchauffement urbain, détaille-t-il. Il faudra certainement accepter de “rester à l’abri”, donc décaler nos habitudes en matière d’horaires, laisser plus de place au végétal. Quelque part, on réinvente ce qui est su depuis longtemps dans les pays méditerranéens… ”

Comme on peut le voir dans le 9e arrondissement avec les balmes de la Saône ou dans le 6e grâce au parc de la Tête-d’Or, la végétalisation atténue l’effet de l’îlot de chaleur urbain (ICU) tout en améliorant le confort des usagers. “ Certains peuvent faire remarquer, à juste titre, qu’une place couverte de canopée se rafraîchira moins vite de nuit, mais elle sera bien plus fraîche de jour ”, souligne Éric Larrey. Ce qui est essentiel à ses yeux c’est à la fois l’accès à l’eau de ces plantations et une végétation adaptée à l’évolution des températures. Car les arbres souffrent également du réchauffement, notamment quand ils sont seuls sur sol clair, la chaleur provoquant des échaudures sur des troncs où la circulation d’eau bloque. Selon lui, “ une des voies de végétalisation qui paraît pertinente est de penser à la création d’une sorte de maillage d’îlots de verdure, reliés par des chemins de confort ou de fraîcheur, permettant à tout un chacun de circuler de l’un à l’autre dans les meilleures conditions (notamment à pied, à vélo, en modes doux) ”.
Construction21 | 19.08.2022 | Eric Larrey
Arbre et sécheresse en milieu urbain : étude de cas sur New York, Londres, Paris et Lyon
En cet été, marqué par les canicules et la sécheresse, les incendies ont détruit de vastes surfaces de végétation et un très grand nombre d’arbres. Les effets sont d’une autre nature en milieu urbain, mais ils restent très impactants sur la végétation, quels que soient les sites. Cette petite étude, réalisée sur 4 zones urbaines (New York, Londres, Paris et Lyon) montre l’impact des phénomènes sur les arbres en ville et met en évidence les différences de comportement des arbres situés dans les parcs et dans les rues de nos villes.
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Nouveau Lyon #60 | Août-septembre 2022
La chaleur à Lyon, un problème d'îlots, partie 1
Dès que la température augmente, tout le monde ressent l'inconfort de la ville. La question des îlots de chaleur urbains et de leur résorption se pose avec d'autant plus d'acuité au moment où l'on nous prédit une multiplication des périodes de canicule. Encore faut-il pour cela, au-delà des ressentis personnels, avoir une vue objective de la situation.
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La société d'ingénierie Verdi a modélisé l'impact de ce dysfonctionnement urbain sur les arrondissements lyonnais. Non pas pour déterminer une température de surface souvent trompeuse, mais bien un indice de confort thermique pour les usagers. Avec son corollaire : le coefficient d'intégration végétale offert par des plantations dans les trois cents mètres alentour. De quoi faire réfléchir chacun à l'environnement de son logement et à la manière la plus efficace d'atténuer le mal-être généré.
Faut-il classer les arrondissements lyonnais en fonction des îlots de chaleur qu’ils génèrent ? Oui et non. Oui, car cela permet de savoir objectivement où sont les priorités territoriales pour rendre la ville moins inconfortable en été. Non, parce qu’il s’agit d’une moyenne qui a tendance à masquer des situations très inégales au sein d’un même arrondissement. Un îlot de chaleur étant beaucoup plus ciblé. Installez-vous en plein mois de juillet place des Terreaux ou - juste à côté - dans le jardin du palais Saint-Pierre, vous sentirez tout de suite la différence.
De quoi parle-t-on exactement ? L’îlot de chaleur urbain (ICU), c’est un microclimat propre aux villes qui voit - selon les sources - la température varier de 1 à 5 °C par rapport à l’extérieur d’une agglomération. Le phénomène demeure avant tout nocturne. Quand la campagne se rafraîchit la nuit, les formes urbaines mal ventilées et leur environnement minéral restituent la chaleur emmagasinée au cours de la journée, phénomène qui limite le refroidissement. Or, au-dessus de 25 °C durant le sommeil, le corps ne récupère plus. À ce niveau-là, on dépasse l’inconfort.

La place des Terreaux est marquée en rouge sur cette carte du 1er arrondissement. Il y a dans ce secteur une forte densité minérale à la fois en surface et en hauteur, qui stocke la chaleur et l’évacue mal du fait d’une importante inertie, et trop peu de végétation pour dissiper cette énergie thermique. “ Dans les cœurs d’îlot, tout ce qui bloque le renouvellement d’air est à proscrire, explique Éric Larrey. La connaissance des circulations, des vents dominants, des phénomènes de brise urbaine est donc à prendre en compte dans la programmation urbaine. Cela améliore également la qualité de l’air en limitant la stagnation des particules fines. ”
Limiter les climatisations
Il faut évidemment mettre ce phénomène en parallèle avec les changements climatiques. Si l’on se fie aux projections du plan Climat-Énergie de la Métropole, les périodes de forte chaleur (35 °C ou plus) et de canicule (20 °C ou plus la nuit et 35 °C ou plus le jour au moins trois jours de suite) devraient se multiplier. L’agglomération pourrait connaître une moyenne de 28 jours de canicule à l’horizon 2080. On en a compté 12 en 2003, année de référence dans la mémoire collective.
Directeur de l’innovation chez Verdi, une société d’ingénierie travaillant dans la maîtrise d’œuvre et le conseil - essentiellement pour les collectivités territoriales -, Éric Larrey a commencé à s’intéresser aux îlots de chaleur urbains il y a trois ans. “ Avec un marché de la climatisation qui croît de plus de 10 % par an en Europe pour répondre à l’inconfort des bâtiments, nous sommes entrés dans un cercle vicieux, explique-t-il. Car, plus on installe de climatisations, plus on augmente la température dans l’espace public. ” D’où sa volonté d’avoir une approche globale et de ne pas séparer la construction des immeubles et leur climatisation de l’aménagement des espaces publics. “ Une meilleure végétalisation doit permettre de faire baisser la température dans les bâtiments à proximité grâce à un air moins chaud entrant par la ventilation naturelle et donc permettre de dimensionner les climatisations différemment ”, détaille-t-il. Restait à avoir une vision objective des connaissances avec un indice de confort thermique pour les usagers à l’échelle d’une ville ou d’une agglomération. Avant de mesurer, en matière de rafraîchissement, l’impact des plantations que tous les candidats aux municipales de France et de Navarre ont promues en 2020.


Les cartes montrent bien la prégnance des îlots de chaleur dans le 2e et le 7e arrondissement par rapport au 4e et au 9e. On constate notamment que le confort thermique de la très arborée place Carnot est meilleur que celui de la place Bellecour pourtant en terre battue. Améliorer le confort thermique des usagers passe par la déminéralisation et la désimperméabilisation des sols ainsi que par l’usage d’éléments à plus faible inertie, notamment – pour le bâti – “ des briques en terre crue, en production circuit court, et de matériaux biosourcés qui limitent les consommations d’énergie ”, détaille Éric Larrey. Selon lui, les murs végétalisés contiennent également le réchauffement du bâti, mais la désimperméabilisation va pousser à construire haut si l’on densifie les villes.
Premier, le 2ème
Pas de surprise, plus vous avez de bâti en surface et en hauteur, plus cet espace minéral concentre et stocke la chaleur. Reste qu’il existe des nuances. Capteurs à l’appui, Verdi a donc déterminé des typologies de rues en fonction de leur orientation, de places plus ou moins encaissées et tenant compte de la nature du sol ou de cœurs d’îlot entre plusieurs immeubles pas toujours très aérés. Sans oublier des versions avec ou sans arbres pour mesurer l’impact de leur implantation. Les millions de données collectées, croisées avec celles issues des vues satellites, permettant même de déterminer l’évolution de cet indice de confort thermique au fil de la journée. Car, répétons-le, il ne s’agit pas de température de revêtement de sol mais bien d’un indice prenant en compte les paramètres morphologiques, de végétation et la présence de canopée. “ La température du sol peut mener à de mauvaises conclusions ”, affirme Éric Larrey.
Ce travail aboutit aujourd’hui à la cartographie des arrondissements lyonnais, réalisée avec des données datant de 2021. D’où il ressort que le 2e est l’arrondissement le plus chaud, devant le 1er, le 3e, le 7e, le 8e, le 6e, le 4e, le 9e et le 5e. Mais, le diable se nichant dans les détails, c’est bien rue par rue et place par place qu’il faut considérer les variations de cet indice.


Dans les arrondissements très minéraux comme le 3e et le 8e, il y a la possibilité de jouer sur l’albédo – c’est-à-dire la couleur – des sols. Moins la matière réfléchit les rayons du soleil (le noir, par exemple), plus elle emmagasine la chaleur avant de la restituer à la nuit tombée. C’est le cas de l’asphalte. Contrairement aux matériaux clairs. Ce qui explique l’aspect très réverbérant de la place de Francfort réhabilitée, outre la plantation de quelques arbres. Mais la réverbération peut être désagréable pour le piéton, qui reçoit, outre la chaleur directe du soleil, celle réfléchie par le sol, lequel peut également provoquer – à l’instar de la neige sur les pistes de ski – une gêne visuelle. D’où un équilibre à trouver en fonction des usages. “Une fois le soleil couché, la situation est plus favorable sur sol clair”, insiste Éric Larrey. Qui défend l’éclaircissement des toits, très efficace et… “il ne gêne guère les usagers, peu nombreux à y circuler aux heures chaudes”.
Faut-il classer les arrondissements lyonnais en fonction des îlots de chaleur qu’ils génèrent ? Oui et non. Oui, car cela permet de savoir objectivement où sont les priorités territoriales pour rendre la ville moins inconfortable en été. Non, parce qu’il s’agit d’une moyenne qui a tendance à masquer des situations très inégales au sein d’un même arrondissement. Un îlot de chaleur étant beaucoup plus ciblé. Installez-vous en plein mois de juillet place des Terreaux ou - juste à côté - dans le jardin du palais Saint-Pierre, vous sentirez tout de suite la différence.
De quoi parle-t-on exactement ? L’îlot de chaleur urbain (ICU), c’est un microclimat propre aux villes qui voit - selon les sources - la température varier de 1 à 5 °C par rapport à l’extérieur d’une agglomération. Le phénomène demeure avant tout nocturne. Quand la campagne se rafraîchit la nuit, les formes urbaines mal ventilées et leur environnement minéral restituent la chaleur emmagasinée au cours de la journée, phénomène qui limite le refroidissement. Or, au-dessus de 25 °C durant le sommeil, le corps ne récupère plus. À ce niveau-là, on dépasse l’inconfort.

La place des Terreaux est marquée en rouge sur cette carte du 1er arrondissement. Il y a dans ce secteur une forte densité minérale à la fois en surface et en hauteur, qui stocke la chaleur et l’évacue mal du fait d’une importante inertie, et trop peu de végétation pour dissiper cette énergie thermique. “ Dans les cœurs d’îlot, tout ce qui bloque le renouvellement d’air est à proscrire, explique Éric Larrey. La connaissance des circulations, des vents dominants, des phénomènes de brise urbaine est donc à prendre en compte dans la programmation urbaine. Cela améliore également la qualité de l’air en limitant la stagnation des particules fines. ”
Limiter les climatisations
Il faut évidemment mettre ce phénomène en parallèle avec les changements climatiques. Si l’on se fie aux projections du plan Climat-Énergie de la Métropole, les périodes de forte chaleur (35 °C ou plus) et de canicule (20 °C ou plus la nuit et 35 °C ou plus le jour au moins trois jours de suite) devraient se multiplier. L’agglomération pourrait connaître une moyenne de 28 jours de canicule à l’horizon 2080. On en a compté 12 en 2003, année de référence dans la mémoire collective.
Directeur de l’innovation chez Verdi, une société d’ingénierie travaillant dans la maîtrise d’œuvre et le conseil - essentiellement pour les collectivités territoriales -, Éric Larrey a commencé à s’intéresser aux îlots de chaleur urbains il y a trois ans. “ Avec un marché de la climatisation qui croît de plus de 10 % par an en Europe pour répondre à l’inconfort des bâtiments, nous sommes entrés dans un cercle vicieux, explique-t-il. Car, plus on installe de climatisations, plus on augmente la température dans l’espace public. ” D’où sa volonté d’avoir une approche globale et de ne pas séparer la construction des immeubles et leur climatisation de l’aménagement des espaces publics. “ Une meilleure végétalisation doit permettre de faire baisser la température dans les bâtiments à proximité grâce à un air moins chaud entrant par la ventilation naturelle et donc permettre de dimensionner les climatisations différemment ”, détaille-t-il. Restait à avoir une vision objective des connaissances avec un indice de confort thermique pour les usagers à l’échelle d’une ville ou d’une agglomération. Avant de mesurer, en matière de rafraîchissement, l’impact des plantations que tous les candidats aux municipales de France et de Navarre ont promues en 2020.


Les cartes montrent bien la prégnance des îlots de chaleur dans le 2e et le 7e arrondissement par rapport au 4e et au 9e. On constate notamment que le confort thermique de la très arborée place Carnot est meilleur que celui de la place Bellecour pourtant en terre battue. Améliorer le confort thermique des usagers passe par la déminéralisation et la désimperméabilisation des sols ainsi que par l’usage d’éléments à plus faible inertie, notamment – pour le bâti – “ des briques en terre crue, en production circuit court, et de matériaux biosourcés qui limitent les consommations d’énergie ”, détaille Éric Larrey. Selon lui, les murs végétalisés contiennent également le réchauffement du bâti, mais la désimperméabilisation va pousser à construire haut si l’on densifie les villes.
Premier, le 2ème
Pas de surprise, plus vous avez de bâti en surface et en hauteur, plus cet espace minéral concentre et stocke la chaleur. Reste qu’il existe des nuances. Capteurs à l’appui, Verdi a donc déterminé des typologies de rues en fonction de leur orientation, de places plus ou moins encaissées et tenant compte de la nature du sol ou de cœurs d’îlot entre plusieurs immeubles pas toujours très aérés. Sans oublier des versions avec ou sans arbres pour mesurer l’impact de leur implantation. Les millions de données collectées, croisées avec celles issues des vues satellites, permettant même de déterminer l’évolution de cet indice de confort thermique au fil de la journée. Car, répétons-le, il ne s’agit pas de température de revêtement de sol mais bien d’un indice prenant en compte les paramètres morphologiques, de végétation et la présence de canopée. “ La température du sol peut mener à de mauvaises conclusions ”, affirme Éric Larrey.
Ce travail aboutit aujourd’hui à la cartographie des arrondissements lyonnais, réalisée avec des données datant de 2021. D’où il ressort que le 2e est l’arrondissement le plus chaud, devant le 1er, le 3e, le 7e, le 8e, le 6e, le 4e, le 9e et le 5e. Mais, le diable se nichant dans les détails, c’est bien rue par rue et place par place qu’il faut considérer les variations de cet indice.


Dans les arrondissements très minéraux comme le 3e et le 8e, il y a la possibilité de jouer sur l’albédo – c’est-à-dire la couleur – des sols. Moins la matière réfléchit les rayons du soleil (le noir, par exemple), plus elle emmagasine la chaleur avant de la restituer à la nuit tombée. C’est le cas de l’asphalte. Contrairement aux matériaux clairs. Ce qui explique l’aspect très réverbérant de la place de Francfort réhabilitée, outre la plantation de quelques arbres. Mais la réverbération peut être désagréable pour le piéton, qui reçoit, outre la chaleur directe du soleil, celle réfléchie par le sol, lequel peut également provoquer – à l’instar de la neige sur les pistes de ski – une gêne visuelle. D’où un équilibre à trouver en fonction des usages. “Une fois le soleil couché, la situation est plus favorable sur sol clair”, insiste Éric Larrey. Qui défend l’éclaircissement des toits, très efficace et… “il ne gêne guère les usagers, peu nombreux à y circuler aux heures chaudes”.


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